Message du 1er Mai - Jean-Marc Delizée

09/05/2019

Couvin, le 1er Mai 2019

 

Fête du 1er Mai 2019

Citoyennes, Citoyens,

 

Ce 1er Mai à Couvin clôture ma première législature. Elle m’a semblé longue, interminable, ma première législature d’opposition !

 

Cela ne vous étonnera pas si je vous dis que le bilan du Gouvernement fédéral MR/N-VA est extrêmement négatif pour la grande majorité des citoyens de notre pays.

 

Je pourrais même user du superlatif : ce Gouvernement a été le plus conservateur, le plus régressiste, le plus anti-social de ces trente dernières années…

 

Ce que nous pressentions, il y a 5 ans déjà, s’est avéré : le véritable centre de décision ne s’est pas situé chez le Premier Ministre mais bien à l’Hôtel de Ville d’Anvers.

 

Voici maintenant que le leader nationaliste flamand, Jan Jambon se déclare « candidat Premier Ministre »… Les choses seraient bien plus claires pour tous. Cela dit, déjà que le MR n’avait rien à dire avec le poste de Premier Ministre, alors, je vous laisse imaginer la situation s’il perdait cette fonction devenue « honorifique ».

 

C’est bien simple, on peut dire que, en Belgique,  sous cette législature, le Premier Ministre règne mais ne gouverne pas !

 

Bien sûr, à la fin, il y a eu la chute…

 

Quand le Maître d’Anvers l’a décidé, comme il l’a décidé et pour servir ses intérêts électoraux.

Après un net recul aux communales et provinciales, il fallait bien que la NV-A donne des gages à l’électorat raciste et xénophobe qui se tournait à nouveau vers l’extrême-droite flamande, le Vlaams Belang !

 

Sur ce terrain, les dérapages des leaders NV-A furent fréquents comme lorsqu’une Ministre NV-A qualifiait les citoyens belges d’obédience musulmane de « bétail électoral ».

 

Au cours de ces cinq années, les propos racistes, les déclarations provocatrices, les tweets douteux, les blagues nauséabondes émanant des ténors nationalistes flamands (Ministres et Secrétaires d’Etat) furent légions. Et chaque fois, les gesticulations de Charles Michel furent pathétiques…

 

Sans même parler du cynisme porté à son comble par une pratique d’octroi de visas humanitaires, par le cabinet Francken à certains étrangers savamment sélectionnés par les nationalistes flamands.

 

 

 

Il y aurait, selon la NV-A, deux types de candidats à l’asile : les « bons » réfugiés, ceux qu’on doit moralement sauver, et les autres que l’on peut laisser  crever par noyade en Méditerranée…

 

Non, Monsieur, Michel, la politique migratoire de votre Gouvernement n’a été ni juste, ni  humaine !

 

Non, Monsieur Michel, en vous alliant avec la 

NV-A, vous ne vous êtes pas placés du bon côté de l’Histoire!

 

Sur le plan socio-économique, le bilan du Gouvernement MR/NV-A est tout aussi néfaste.

 

Dans son accord d’octobre 2014, ce Gouvernement promettait, à grands renforts de slogans simplistes, le retour à l’équilibre financier de l’Etat dès l’exercice budgétaire 2018

On allait voir, ce qu’on allait voir…

 

Aujourd’hui, nous le savons, ces pseudos champions de l’orthodoxie budgétaire, laissent un déficit de 11,6 milliards d’euros !!!

 

Dans l’intervalle, ils ont fait des cadeaux pour des milliards aux entreprises, aux actionnaires, aux diamantaires et, dans le même temps, ils ont fait payer aux ménages des taxes insupportables sur la consommation (notamment le retour de la TVA à 21% sur l’énergie).

 

En bref, leur politique budgétaire a été injuste sur le plan social et totalement inefficace au plan financier.

 

Au final, les gens n’en peuvent plus et c’est ce ras le bol qui s’est exprimé notamment à travers du mouvement des gilets jaunes.

 

Les libéraux n’ont de cesse de nous rabâcher les oreilles avec leur « tax shift », alors que leur saut d’index représente une perte pouvoir d’achat de 2,5 milliards d’euros par an pour les ménages !

Rien que le saut d’index aura coûté au travailleur moyen 400€ par an. Sur une législature, cela représente 2000€ qui ont été pris dans votre poche pour être donné à votre employeur.

 

Parmi les cibles privilégiées des idéologues de cette coalition des droites, la sécurité sociale et le budget des soins de santé, et, à travers eux, les travailleurs, les malades, les retraités, les allocataires.

 

En réduisant le budget des soins de santé comme l’a fait Maggie De Block, (2 milliards € d’économies) forcément que les soins de santé sont moins accessibles, que les médicaments sont plus chers, que de plus en plus de gens ne se soignent plus, reportent les soins.

 

Le Parti Socialiste veut, au contraire, refinancer les soins de santé, comme nous l’avons fait dans les Gouvernements antérieurs auxquels le PS participait.

 

Nous refusons une médecine à deux vitesses et nous voulons une médecine de qualité accessible à tous.

 

La santé n’a pas de prix !

 

C’est pourquoi, nous voulons aller plus loin et exigeons notamment la gratuité des consultations chez le généraliste et le remboursement des soins chez le dentiste.

 

Autre péché capital du Gouvernement Michel/Bacquelaine : les pensions !

 

Comme vous le savez, promesse non tenue : la pension légale a été relevée de 65 à 67 ans !

 

Il était urgent pour la majorité MR/NV-A de voter en 2015, à la hussarde, le relèvement de l’âge de la retraire mais on attend toujours du Ministre des Pensions, les dispositions prévues pour les métiers pénibles … !

 

Cet exemple, illustre toute la politique de ce Gouvernement : des choix idéologiques, des justifications « bidon », et un report des charges et des responsabilités sur l’avenir.

 

À ce sujet, si le Parti Socialiste est appelé à la table des négociations, nous ferons du retour à l’âge légal  des retraites à 65 ans une priorité.  

 

Sur le plan du droit du travail, la coalition MR/NV-A a aussi beaucoup sévi. Ce que je retiendrai, en premier lieu, c’est le sabordage de la concertation sociale.

 

Ce fut un grand jeu de dupes pendant près de 5 ans. Ce n’est pas sans raison que Pieter Timmermans, le patron des patrons (FEB) a été considéré comme le 15ème Ministre du Gouvernement Michel.

 

C’est ainsi que, ces cinq dernières années, les droits des travailleurs ont régressé de manière considérable.

 

Kris Peeters a inventé le travail (in)faisable. Les travailleurs sont devenus flexibles, comme des élastiques. Avec la remise en cause de la semaine des 38 heures, les flexi jobs, les contrats à zéro heure, l’intérim à durée indéterminée, …

 

Ce Gouvernement MR-NVA a aussi réintroduit les visites domiciliaires chez les demandeurs d’emploi et a mis en place le screening des factures d’eau, gaz et électricité des allocataires sociaux. Une mesure totalement inefficace mais qui sert le discours dominant de la droite qui vise toujours à stigmatiser les allocataires, les malades et les chômeurs.

 

Une autre cible privilégiée de la politique d’austérité du Gouvernement Michel : les services publics ! Réductions linéaires des dotations annuelles de toutes les Administrations fédérales ; 3 milliards d’économies à la SNCB ; restructuration massive annoncée chez Belgacom ; fermetures des petits bureaux de Poste ; désorganisation des services par manque de moyens ;  au final, c’est le citoyen qui trinque !

 

Prenons l’exemple de la Justice. Fait exceptionnel dans notre pays, le monde judiciaire se rebiffe et exprime son mal-être pour ne pas dire son ras-le-bol.

Imaginez le Premier Président de la Cour de Cassation qui déclare, dans un superbe coup de gueule : « la Belgique n’est plus un Etat de droit mais un Etat voyou ». Du jamais vu !

Tout aussi inédit, à plusieurs reprises, des magistrats ont arrêté le travail, suspendu les audiences et ont manifesté pour dénoncer l’état de délabrement de la Justice belge, son manque de moyens, ses locaux insalubres, etc.

 

Autre réforme du ministre GEENS, la fusion des justices de paix. Ou comment éloigner la justice de première ligne du citoyen. Ici, on fusionne les justices de paix de 9 Communes en une seule, couvrant un territoire de plus de 1.000 km2 ! 

       

Disons le au monde judiciaire et à nos concitoyens, il faut que cela change, à commencer par l’accès à la justice pour les plus fragilisés !

 

      Un autre domaine où le Gouvernement Michel a été « à la ramasse », c’est le défi du réchauffement climatique…

 

 

Tandis qu’ils augmentaient la TVA de 6 à 21% – soit 120€ par an de surcoût par ménage – ils réduisaient la taxe nucléaire d’Electrabel de quelque 400 milliards d’euros.[1]

 

A nouveau, l’austérité pour les gens et les cadeaux pour les grands !

 

      La Ministre de l’Energie, que le monde entier ne nous envie pas, disposait de 5 ans pour préparer la sortie du nucléaire. Au lieu de cela, elle n’a cessé, par ses choix politiques, ses manquements et ses erreurs de gestion, d’enfoncer notre pays dans la dépendance envers l’énergie nucléaire.

 

      Le Gouvernement Michel restera comme l’un des mauvais élèves de la classe, comme l’un des moins ambitieux dans la lutte contre le réchauffement climatique.

 

 

      Ce n’est pas Marghem qui doit envoyer des « coachs climat » dans les écoles, ce sont plutôt les jeunes qui devraient envoyer des « coachs climat » au Gouvernement pour sensibiliser des Ministres indifférents, récalcitrants ou carrément hostiles à la cause climatique.

 

Pas de chance pour le MR namurois, dans le « climat » actuel, sa tête de liste à la Chambre, Mr CLARINVAL,  est réputé pro-nucléaire et climato-sceptique. Cela ne devrait pas aider le MR le 26 mai prochain…

 

Une chose est certaine, avec un nouveau Gouvernement NV-A/MR, nous serions repartis pour cinq années d’immobilisme dans ce combat si essentiel pour le développement durable de notre pays et de notre planète.

 

Chers amis,

 

Le 26 mai, nous avons un rendez-vous crucial dans les bureaux de votes pour l’avenir des belges, pour l’avenir de notre pays.

 

Après ses trois mensonges capitaux de 2014 : «Jamais avec la NV-A », « Avec le MR, pas de saut d’index », « Nous ne relèverons pas l’âge légal de la pension », qui peut encore croire une seule seconde aux nouvelles promesses électorales des libéraux ? Personne n’est dupe !

 

Pour savoir ce que le MR ferait dans un éventuel futur Gouvernement, il ne faut pas lire son programme, ni écouter ce que les libéraux racontent.

Pour savoir ce qu’ils feraient, il faut lire le programme de la NV-A et il faut lire le programme de la FEB.

 

Et je peux vous dire que le menu est à nouveau indigeste pour la grande majorité de la population : encore plus d’austérité, encore moins de services publics, encore moins d’accès aux soins de santé, à la justice,…

Qu’on se le dise !

 

Pour éviter la reconduction de cette funeste majorité des droites, nous devons dire à nos concitoyens qu’il y a un danger qui s’appelle le CDH !

On sent bien que ce parti est prêt à monter dans cet attelage si l’occasion se présente.

 

Le CDH est un parti du passé, ni de gauche, ni de droite, ni pour ni contre, un parti sans consistance idéologique qui peut gouverner avec n’importe qui pour faire n’importe quoi.

 

Mais que l’on ne s’y trompe pas, le CDH n’est pas le « parti de l’extrême-centre », c’est un parti de droite qui a, plus souvent qu’on ne le pense, soutenu certains politiques, certains projets de la majorité MR/NV-A.

 

Et que dire de la fiabilité de ce parti ?

      On l’a vu au Gouvernement wallon, nous en avons fait les frais dans certaines Communes : au CDH, la trahison est une maladie congénitale… ! Dites le à nos concitoyens, le vote pour le CDH est un vote qui renforcerait la coalition des droites.

 

 

 

Pour le 26 mai, le Parti Socialiste propose une alternative avec un programme de gauche, avec des propositions phares et une détermination à défendre un autre monde, plus juste, plus solidaire, un monde tout simplement durable, où chacun(e) pourra vivre mieux.

 

Nous nous engageons à apporter des réponses aux problèmes de pouvoir d’achat de nos concitoyens, notamment en relevant le salaire minimum à 14€ de l’heure, en augmentant les allocations minimales au-dessus du seuil de pauvreté et en augmentant les pensions à 1.500€ nets par mois pour une carrière complète.

 

Et nous proposons de financer ces mesures par plus de justice fiscale.

 

 

 

Chers camarades,

 

Dites aussi à nos concitoyens que le 26 mai, il y aura le vote utile et le vote inutile. Chaque vote pour des partis  qui, à gauche, refuseront de prendre la moindre responsabilité après le 26 mai, ne servira à rien, sauf à renforcer indirectement le poids de la droite.

 

Je suis confiant en la lucidité de nos concitoyens.

 

Je suis confiant dans le soutien actif, des hommes et des femmes de progrès et celui des militants.

 

Ensemble, vents debout contre l’austérité et les injustices, en action pour changer de cap et pour, finalement PROTEGER, RECONSTUIRE, VIVRE MIEUX !

Alors, au travail ! Au combat !

   

Bon Premier à toutes et tous !!!

 

 

 

Jean-Marc DELIZEE – Député Fédéral



[1] (1) Taxation nucléaire : Electrabel payait 550 milliards en 2012 sous le Gouvernement Di Rupo ; ce montant a été ramené à 157 milliards en 2019 sous le Gouvernement Michel (Moins 393 milliards d’euros).